Le domaine des Brétignolles c’est : un château, une chapelle, des communs (anciennes écuries), des caves troglodytes, une tour médiévale et un parc romantique…

Au sommet d’une pente douce et adossé au coteau, le château des Brétignolles se détache sur un fond de verdure. C’est un (petit) château de la Loire, gothique, de la fin du Moyen-Âge.

Ce château bâti en 1498 et jusqu’en 1501, sous l’ordre de Jean Bernard est représentatif de la fin du Moyen-Âge et de l’aire pré-Renaissance – car il ne possède aucun élément défensif, et a eu l’incroyable chance de ne subir aucun remaniement (majeur) au cours des siècles, contrairement à presque tous les autres châteaux de la Loire.

L’édifice soigné, en pierre de taille, est composé d’un logis central rectangulaire et est flanqué aux angles de quatre tours dissemblables: polygonale, en fer à cheval, rectangulaire, et circulaire.

Fort de son architecture unique et son important intéret historique, le domaine des Brétignolles a été inscrit Monument Historique par arrêté le 14 septembre 1949.

Château des Brétignolles

L’intimiste chapelle seigneuriale a été bâtie en 1507 par Antoine Bernard, chanoine et archiprêtre de Loches. En effet, grâce à son rôle au sein du clergé, il est en capacité de faire bâtir cette majestueuse chapelle aux proportions particulièrement remarquables : très haute et élancée.

Château des Brétignolles

A l’extérieur, l’édifice est épaulé de contreforts et possède une façade haute à pignon aveugle.

A l’intérieur, cette chapelle a les clés de voûte aux armes de la famille Bernard (première famille propriétaire du domaine des Brétignolles, qui a fait bâtir le château), d’Antoine Bernard, le fondateur de l’édifice et aux armes de la France.

Le Baron Stéphane de Pierres (1818 – 1876) et la Baronne Jane Mary de Pierres (1821-1873), Dame d’honneur de l’Impératrice Eugénie reposent dans la chapelle.

Aujourd’hui la chapelle est toujours consacrée et est dédiée à Notre-Dame de Pitié et Sainte Marie Madeleine.

D’ailleurs, d’après les rumeurs, une crypte serait sous la chapelle…

Derrière le château, de nombreuses caves (troglodytes) sont creusées dans le coteau. Ces derrières ont été creusées dans le tuffeau lors de la construction du château (extraction de pierres) et servirent à l’époque de dépendances, mais aussi de tunnels souterrains pour rejoindre d’autres châteaux aux alentours…

A l’époque, certains de ces souterrains rejoignaient le château du Rivau à 3 kilomètres, et d’après des rumeurs, d’autres rejoignaient même Chinon, qui est à plus de 8 kilomètres! Il y aurait ainsi tous un système de galeries souterraines. Malheureusement, au cours des siècles, tous ces tunnels ont été oubliés et se sont totalement effondrés ou ont été perdus…

Plus tard, après que tous les tunnels furent murés, les tunnels, maintenant caves, ont eu un véritable rôle de dépendances. En effet, certaines servaient par exemple de caves pour le pressoir vinicole (casse-cou) et le chai.

Aujourd’hui, dans les caves qui subsistent, il y a encore la cave voutée du four à pain avec son impression four de plus de 3 mètres de diamètre !

Depuis peu, ce dernier est remis en service certains week-ends d’été et lors de manifestations afin de mettre en avant le patrimoine historique et culturel qu’il représente mais aussi pour faire cuire des fouées (bien-sûr!), du pain, des pizze (pluriel de pizza en italien), flammekueche (spécialitée alsacienne)…

Les fouées? Une tradition gastronomique locale.

Autrefois en Touraine, chaque semaine quand on faisait cuire le pain, on préparait en même temps des fouées. Avec les restes de pâte à pain, on confectionnait des petites boules, qu’on aplatissait avec la paume de la main, et les jetaient dans le four, afin de vérifier la température du four pour enfourner les pains.

Quand la pâte ne levait pas, le four été trop froid.
Quand la pâte levait, le four été chaud et à bonne température pour enfourner les pains.
Quand la pâte brulait, le four été trop chaud.

La fouée se forme alors en petit pain blanc très léger, et est un délice à déguster encore chaude directement à la sortie du four. Traditionnellement les fouées sont garnies de rillettes, de rillauds (morceau de poitrine de porc confite), de champignons, de mogettes (haricots blancs) ou de beurre…

Vestige défensive (?), antérieur au 14ème siècle, cette tour médiévale appartenait probablement à un ensemble de fortifications pour un château antérieur ou il s’agit peut-être d’un poste de garde…

Elle est équipée de meurtrières et de canonnières, et épaulée par des contreforts.

Au cours des siècles, la tour a été transformée en colombier, comme on peut le voir avec les trous de boulin (environ 250) dans la partie interne supérieure du bâtiment.